Pendant des années, le secteur de la santé a recherché l’innovation en matière de technologie, de tableaux de bord et de nouveaux modèles de soins. Mais la véritable révolution réside dans quelque chose de plus simple : faire systématiquement ce qui est manifestement juste, sans attendre la permission. Il ne s’agit pas d’avancées futuristes ; il s’agit de redécouvrir les principes fondamentaux de soins compatissants et efficaces.

Notre système est devenu inutilement complexe, donnant la priorité aux procédures plutôt qu’aux personnes. L’antidote ne réside pas dans la science ou dans des initiatives de plusieurs millions de dollars, mais dans le bon sens radical : un refus d’accepter la complexité inutile, l’ambiguïté morale et l’inertie procédurale qui sont tranquillement devenues les paramètres par défaut des soins de santé.

Le problème des soins de santé modernes

Aujourd’hui, les soins de santé normalisent l’anormal. Les transferts sans fin, les flux de travail déroutants et les raccourcis éthiques se justifient par la pression concurrentielle et la rhétorique des entreprises. Le système est conçu pour lui-même et non pour les patients qu’il dessert. C’est pourquoi les petits actes humains semblent héroïques plutôt que normaux.

Cinq principes de bon sens radical

Le bon sens radical ne concerne pas les inventions révolutionnaires ; il s’agit de revenir aux principes fondamentaux. Voici comment l’appliquer :

  1. Centrez l’être humain, pas l’abstraction. Arrêtez de traiter les patients comme des clients, des codes ou des cohortes. Demandez-vous plutôt : « De quoi cette personne a-t-elle réellement besoin ? » Pas ce que dit le protocole, mais ce que l’individu exige. Les cliniciens qui dirigent avec cœur, humilité et clarté morale sont à l’origine de percées.

  2. Simplifiez ce que nous avons inutilement compliqué. Les soins de santé sont criblés de surcharge administrative : références, autorisations préalables, arborescences téléphoniques sans fin. La question devrait être : « Pourquoi cette étape existe-t-elle ? » Si cela n’aide personne, supprimez-le. Les meilleures améliorations ne sont pas des innovations ; ce sont des soustractions.

  3. Faites ce qu’il faut, surtout quand cela ne vous convient pas. L’intégrité n’est pas seulement une valeur inscrite dans l’organigramme d’une entreprise. C’est ce qui arrive lorsque faire ce qui est juste coûte de l’argent, du temps ou du capital politique. Pas de jeux de codage, pas d’érosion éthique et pas de comportement justificatif que vous ne défendriez pas publiquement.

  4. Poussez le jugement et l’autorité en première ligne. L’« économie de la permission » étouffe les personnes compétentes qui savent ce qui est juste mais attendent l’approbation. Redistribuez l’autorité aux personnes les plus proches du travail : le chevet, la visite à domicile, le centre d’appels. Les règles sont essentielles, mais le jugement est irremplaçable.

  5. Éliminer le travail qui sert l’institution mais pas la mission. Les soins de santé accumulent des rituels inutiles : des rapports que personne ne lit, des réunions sans but, des mesures qui mesurent l’activité plutôt que les progrès. Si quelque chose disparaît demain sans causer de dommage, éliminez-le.

Le besoin de parler franchement

Le langage euphémique des soins de santé obscurcit la réalité. La « gestion de l’utilisation » signifie rendre les soins difficiles. « Réduire les écarts de soins » signifie ne pas parvenir à établir un lien efficace avec les patients. « Activation » signifie que le système prête à confusion. Le bon sens radical exige un discours clair : les gens ne peuvent pas obtenir de rendez-vous, les processus sont frustrants et le système se donne souvent la priorité sur les patients.

Pourquoi le bon sens radical est important maintenant

Malgré les promesses ambitieuses de l’IA et de la transformation numérique, les soins de santé ne parviennent toujours pas à résoudre les problèmes quotidiens : frictions, confusion, incohérence morale. L’incrémentalisme est régulièrement présenté comme une révolution. Le bon sens radical n’est ni anti-technologie ni simpliste ; c’est un retour aux premiers principes : voir les gens clairement, dire la vérité, éliminer les absurdités, honorer le jugement, agir avec intégrité et donner la priorité à l’humanité.

Les innovations les plus profondes en matière de soins de santé ne sont pas nouvelles ; ce sont des vérités redécouvertes que nous avons arrêté de pratiquer. Dans un système accro à la complexité, l’idée la plus radicale de toutes est simplement celle-ci : le bon sens, appliqué avec audace et sans excuses.

C’est l’avenir que méritent les soins de santé.